’Atelier de Morphée a décidé de prendre son destin en main pour survivre. Et cela passe, aux yeux de son dirigeant Didier Marotte, par faire la guigne aux distributeurs.

Ce que l’entreprise familiale a déjà fait par le passé. Ainsi, jusqu’en 2010, l’atelier réalisait des housses de matelas. Cette année-là, l’un de ses principaux clients l’abandonne. Alors, pour ne pas sombrer, l’Atelier de Morphée se met à fabriquer du matelas et à le vendre aux particuliers. « À partir du moment où les distributeurs deviennent fabricants, il est normal que les fabricants deviennent distributeurs », assure le gérant.

Des produits bien-être

Dans cette continuité, Didier Marotte lance donc aujourd’hui des produits de bien-être : coussins chauffants pour les douleurs musculaires ou antistress, à base de graines de lin. Ils peuvent aussi être refroidies et dans ce cas trouvent une indication dans les problèmes de migraines, ou encore les douleurs traumatiques, jambes lourdes… Il suffit de mettre au four quatre à six minutes ou au micro-ondes quelques secondes. « Nous sommes en train de mettre en place la collection que l’on va vendre sur le Net. » Et en plus la production est entièrement locale puisque le tissu, du lin, vient de chez Thieffry à Roubaix et les graines de lin des Flandres, d’Hondschoot précisément. « Au 1er janvier la collection sera disponible sur Amazon, puis nous allons développer notre propre site » prévoit Didier Marotte.

L’entreprise est donc une société à façon qui conçoit du textile hors habillement : voilages, coussins, assises, dosserets, sacs pour laveries des hôpitaux… Dernièrement son propriétaire s’est aussi mis à dessiner et faire confectionner des paniers pour animaux au design original. « On est façonnier à 90 % et à 10 % on fait de la fabrication-vente », résume Didier Marotte qui peut compter sur un chiffre d’affaires de 300 000 €. « On voudrait passer à 60 %À force d’être étranglés on doit réagir, parfois on perd un client juste pour 50 centimes par housse de matelas. »

Un travail en dents de scie

L’Atelier de Morphée (Lofatex) est né en 2006 et s’est installé rue du Touquet dans une ancienne usine textile, Delcaflex qui avait déposé le bilan en 2005.

Auparavant, Didier Marotte était le patron de Dimatex, rue de l’Épine et employait 34 personnes. « Un client m’a laissé tombé pour la Roumanie et ça a été le dépôt de bilan. Je n’ai pu reprendre que sept - huit personnes. Ça m’a rendu malade, c’est d’ailleurs à ce moment-là que j’ai commencé à avoir des ennuis de santé », raconte Didier Marotte.

Aujourd’hui, il tire les leçons de cet épisode douloureux, « on ne veut pas trop grandir en nombre de personnes car c’est un travail en dents de scie. » Et de citer l’exemple d’un client, équipementier d’hôtels, « on a fait les devis en février dernier, la commande a lieu en ce moment pour une livraison en janvier. » Pour contrer ces phénomènes, deux solutions aux yeux de Didier Marotte : la modulation des horaires : ses ouvriers travaillent tantôt seize heures par semaines, tantôt quarante-trois . Et surtout la diversité des clients et des produits.

La spécificité de l’Atelier: la réactivité

L’entreprise ne craint pas la concurrence chinoise, car c’est justement pour sa grande réactivité qu’elle est sollicitée et aussi parce qu’elle travaille sur mesure « voire même au détail. »

Depuis 2011, l’âge aidant, Didier Marotte cherche un repreneur. Il avait bien quelqu’un à qui il a mis le pied à l’étrier durant près de trois ans, mais qui lui a finalement fait faux bond pour se consacrer exclusivement aux matelas. Mais bonne nouvelle, il semblerait que le Tourquennois ait trouvé « deux jeunes qui veulent investir. Ils reprendront une partie des parts puis travailleront au développement. Ils connaissent bien l’e-commerce. C’est pour cela qu’on travaille désormais de nouveaux produits. » Si tout va bien, le sexagénaire passera la main dans deux-trois ans. Tous les produits seront développés sous le nom d’Atelier de Morphée, la marque a été déposée.

Une entreprise qui a du ressort